Revue de presse du dimanche 10 janvier 2010 sur www.lesmotards.com

Pour les amateurs de math, une équation : comment faire baisser rapidement (en tout cas l'annoncer) le nombre de décès sur la route tout en étant "politiquement correct" c'est à dire aller du côté de l'annonce plutôt que du côté de l'efficacité à long terme ?

Facile, vous inventez un projet, LOPSSI. En gros, tout ce qui va dépasser fortement les limitations de vitesse se verra très fortement réprimé. Entre autre, on supprime l'objet du délit et on le revend pour le compte de l'état.

Seconde équation : sachant qu'il y en gros 4200 morts par an sur la route en France, qu'il y a 650 000 morts par an en France dont 20 000 par accidents domestiques, 150 000 par cancers, 10 à 20 000 des suites opératoires (chiffres non confirmés mais estimés suite à erreurs chirurgicales, infections nosocomiales, etc.), combien gagnera-t-on de vie en admettant que ce genre de projet réduit à zéro le nombre de morts par accident de la route ayant pour cause la vitesse ?

La vérité, pas grand chose. Vous avez déjà entendu parler de morts pour des accidents avec des vitesses supérieures à 50 km/h de la vitesse autorisée ? Pas énorme. Et sur l'autoroute ? De mémoire, je n’ai jamais rencontré un accident mortel avec une vitesse à plus de 150 km/h. Des vitesses inadaptées par rapport aux conditions de circulations, oui (brouillard par exemple) mais un excès de vitesse ayant provoqué un mort dans des conditions optimales de circulations, non.

Alors ? Alors, la perception c'est une chose, la réalité c'est autre chose. Le suicide est une des premières causes de décès des jeunes de 16 à 25 ans et on nous propose un projet de société basé sur la répression à outrance, qui ne fait aucunement appel à notre capacité à comprendre les choses et à adapter notre comportement en conséquence. On est sur la perception (la vitesse tue) alors que dans la réalité, la vitesse peut effectivement tuer, mais bien moins que certaines approches "environnementales" (allez demander aux travailleurs de l'amiante par exemple). Les axes dégagés sont pour le moins clientélistes, voire populistes. A-t-on un jour estimé les dégâts par exemple sur le mal être de certains jeunes que provoque ce genre de loi hyper répressive ? Non, une cause, un effet, un coupable, si possible politiquement correct et surtout minoritaire, c'est plus rassurant. Et si trop de lois répressives tuaient ?

Bonne lecture

Laurent lesmotards.com